Quel document pour vendre une voiture : la liste exacte

Quel document pour vendre une voiture : cinq pièces composent le dossier en France. Le certificat d’immatriculation barré, le certificat de cession cerfa n° 15776*02, un certificat de situation administrative de moins de quinze jours, le procès-verbal de contrôle technique pour un véhicule de plus de quatre ans, et le code de cession issu de la déclaration en ligne.
Quel document pour vendre une voiture : le dossier en cinq pièces
La liste est courte et service-public.fr ne laisse aucune marge d’interprétation sur ce que le vendeur remet à l’acheteur le jour de la signature :
- le certificat d’immatriculation barré, daté et signé ;
- l’exemplaire n° 2 du certificat de cession cerfa n° 15776*02 ;
- le code de cession délivré lors de la déclaration en ligne ;
- le certificat de situation administrative de moins de quinze jours ;
- le procès-verbal de contrôle technique de moins de six mois, quand le véhicule y est soumis.
Aucune de ces pièces ne se remplace par un écrit sur papier libre. Une attestation de vente rédigée à la main, une facture, une capture d’écran de conversation : rien de tout cela ne produit d’effet dans le système d’immatriculation. La valeur juridique appartient au formulaire officiel et à la déclaration qui le suit.
Obligatoire, utile, facultatif : trois catégories distinctes
Les cinq pièces ci-dessus sont exigibles. Le carnet d’entretien, les factures de réparation, le double des clés ou le code de l’autoradio relèvent d’une autre logique : rien n’oblige à les fournir, mais leur absence pèse immédiatement sur le prix discuté. Un troisième groupe existe, celui des documents que l’acheteur réclame parfois sans fondement, comme une attestation d’assurance du vendeur ou un justificatif de domicile. Ces pièces ne figurent nulle part dans la procédure et n’ont pas à sortir du dossier personnel.
Le dossier se prépare avant l’annonce
Réunir les papiers après avoir trouvé un acheteur crée presque toujours un délai supplémentaire. Le certificat de situation administrative se périme en quinze jours, le contrôle technique en six mois : ces deux échéances se calent sur la date probable de signature, pas sur celle de la mise en ligne de l’annonce. Un vendeur qui découvre une opposition la veille du rendez-vous perd son acheteur. Un dossier anticipé transforme une vente en formalité de quinze minutes.
Le certificat d’immatriculation barré, socle de la transaction

Le certificat d’immatriculation, que tout le monde appelle carte grise, quitte définitivement les mains du vendeur au moment de la remise du véhicule. Il ne se photocopie pas pour être conservé à la place de l’original : il se remet, barré, à l’acheteur, qui en aura besoin pour sa propre demande d’immatriculation.
La mention à porter, mot pour mot
Le document doit être barré, puis complété d’une mention manuscrite lisible. Service-public.fr retient deux formules selon la nature de l’opération : « vendu le » pour une vente, « cédé le » pour un don. La date suit, avec le jour, le mois, l’année, et surtout l’heure exacte de la transaction. La signature du titulaire ferme la mention.
Cette heure n’a rien d’une coquetterie administrative. Elle départage les responsabilités si une infraction est relevée le jour même du transfert. Une mention datée sans heure fragilise le vendeur autant qu’une mention absente.
Le coupon détachable et l’exception du professionnel
Le certificat d’immatriculation comporte un coupon détachable, en partie haute à droite du document. Il se remplit et se remet à l’acheteur, sauf dans un cas précis : la vente à un professionnel de l’automobile, où il reste inutilisé. Cette exception surprend souvent les vendeurs qui cèdent leur véhicule à un garage ou à un déconstructeur, et qui cherchent en vain à quoi servirait ce coupon.
Le certificat de cession cerfa n° 15776*02
Le certificat de cession est le seul acte qui matérialise le transfert de propriété devant l’administration. Sa référence exacte est le cerfa n° 15776*02, complété par la notice n° 51291#03. Il se remplit en ligne puis s’imprime, ou se télécharge vierge pour être rempli à la main.
Ce que le formulaire engage
Le certificat de cession recense l’identité complète du vendeur et de l’acheteur, les caractéristiques du véhicule reprises sur le certificat d’immatriculation, le kilométrage au compteur, la date et l’heure de la cession. Une case demande si le véhicule est cédé pour destruction. Une autre signale un véhicule endommagé faisant l’objet d’une procédure particulière.
Le kilométrage déclaré engage le vendeur. Une valeur fantaisiste, contredite plus tard par l’historique d’entretien du véhicule, ouvre un recours à l’acheteur. La déclaration du compteur se recopie donc telle qu’elle s’affiche, sans arrondi flatteur.
Deux exemplaires, deux conservations
Le formulaire s’imprime en deux exemplaires, signés par les deux parties. L’exemplaire n° 1 reste chez le vendeur, l’exemplaire n° 2 part avec l’acheteur. Le passage au tout numérique a supprimé le troisième exemplaire autrefois destiné à la préfecture : la trace administrative naît désormais de la déclaration en ligne, pas d’un envoi papier.
Conserver son exemplaire relève de la simple prudence. C’est la pièce qui prouve la date et l’heure du transfert, et qui sert à contester un avis de contravention reçu après coup. Un exemplaire scanné, stocké à part de l’original, ne coûte rien.
Copropriétaires, héritiers, société
Quand le certificat d’immatriculation mentionne plusieurs titulaires, chacun signe. La règle vaut pour les couples cotitulaires comme pour les héritiers indivis d’un véhicule issu d’une succession. Pour un véhicule au nom d’une société, la signature émane du représentant légal, avec la mention de sa qualité. Un dossier signé par une seule personne alors que deux noms figurent sur le document se bloque au moment de la demande d’immatriculation par l’acheteur.
Le certificat de situation administrative, désormais délivré par HistoVec

Le certificat de situation administrative, encore appelé certificat de non-gage par habitude, atteste que le véhicule ne fait l’objet ni d’un gage ni d’une opposition. Son mode d’obtention a changé : il se demande désormais via HistoVec, le service en ligne du ministère de l’Intérieur, gratuitement et de façon immédiate. Le vendeur peut l’imprimer ou transmettre à l’acheteur le lien de consultation officiel.
Gage et opposition, deux blocages différents
La confusion entre les deux notions est fréquente. Un gage signale qu’un organisme de crédit a inscrit une sûreté sur le véhicule : la vente reste possible, mais l’acheteur avisé exigera la levée du gage avant de payer. Une opposition, elle, empêche purement et simplement le transfert tant qu’elle n’est pas levée.
Le certificat distingue plusieurs origines d’opposition, selon service-public.fr :
- l’opposition du Trésor public, pour des amendes impayées ;
- l’opposition judiciaire, sur un véhicule déclaré volé ;
- l’opposition d’un huissier de justice, en cas de saisie ;
- l’opposition d’un expert, sur un véhicule gravement endommagé ;
- l’opposition des forces de l’ordre, dans une procédure de confiscation.
Quinze jours de validité
La durée de validité tient en quinze jours. Une demande faite trop tôt oblige à recommencer, ce qui n’est pas grave puisque la délivrance est instantanée, mais retarde une signature calée à la dernière minute. Un point mérite attention : le certificat n’est pas délivré pour un véhicule immatriculé à l’étranger, situation qui appelle une autre procédure.
Contrôle technique : quand le procès-verbal est exigé
Le contrôle technique n’est pas systématique, contrairement à une idée répandue. Sa nécessité dépend de l’âge du véhicule, de sa catégorie et de la qualité de l’acheteur.
Plus de quatre ans, moins de six mois
Pour une voiture particulière, une camionnette ou un camping-car dont le poids total n’excède pas 3,5 tonnes, le contrôle technique s’impose dès que le véhicule dépasse quatre ans. Le procès-verbal remis doit dater de moins de six mois au jour de la vente. En dessous de quatre ans, aucun contrôle n’est exigé.
Un véhicule contrôlé dans les six mois précédant la cession n’a pas à repasser au banc : le procès-verbal existant suffit. Cette règle évite une dépense inutile aux vendeurs qui ont fait contrôler leur voiture peu avant de décider de s’en séparer.
Deux-roues et quadricycles depuis avril 2024
Les motos, scooters et quadricycles à moteur sont entrés dans le dispositif le 15 avril 2024. Le seuil d’âge y est de cinq ans, avec la même exigence d’un procès-verbal de moins de six mois. Les mêmes exceptions s’appliquent, notamment celle qui dispense de tout contrôle la vente à un professionnel de l’automobile, quel que soit l’âge de la machine. Cette dispense explique qu’un garage ou une casse acceptent sans difficulté un véhicule dont le contrôle est périmé depuis longtemps.
La déclaration de cession et le code à remettre

La signature du certificat de cession ne clôt pas l’opération. Une démarche en ligne doit suivre, à l’initiative du vendeur, sur le site de l’ANTS, via l’application Simplimmat ou chez un professionnel habilité. C’est elle qui génère le code de cession.
Quinze jours pour déclarer, quinze jours de validité
Le délai est de quinze jours à compter de la signature du certificat de cession, don compris. Le code de cession produit à cette occasion reste valable quinze jours lui aussi, ce qui impose une transmission rapide à l’acheteur. Un code périmé oblige le vendeur à reprendre la déclaration, alors même que le véhicule a déjà changé de mains.
Lors de cette déclaration, une question apparaît à l’écran : le véhicule est-il cédé pour destruction, oui ou non ? La réponse oriente tout le traitement du dossier. Une erreur de case à ce stade se corrige mal.
Ce que l’acheteur doit faire ensuite
L’acheteur dispose d’un mois pour demander le nouveau certificat d’immatriculation à son nom. Son dossier reprend les pièces sorties de la vente :
- le code de cession transmis par le vendeur ;
- le certificat d’immatriculation barré, daté, signé ;
- l’exemplaire n° 2 du certificat de cession ;
- le procès-verbal de contrôle technique, le cas échéant ;
- un justificatif de domicile récent.
Un certificat provisoire d’immatriculation lui est délivré à l’issue de la demande : ce document l’autorise à circuler un mois, uniquement en France, en attendant le titre définitif.
Vendre un véhicule qui ne roule plus : le dossier change de nature

Une règle méconnue redessine complètement la question des documents dès que le véhicule ne circule plus légalement. Elle mérite d’être connue avant de publier une annonce.
Un non-roulant ne se vend pas à un particulier
Service-public.fr est explicite : un véhicule qui n’est plus en état de rouler ne peut pas être vendu à un particulier. Seule la cession à un professionnel de l’automobile reste ouverte. L’autre voie consiste à remettre le véhicule à un centre agréé pour le traitement des véhicules hors d’usage, qui l’accepte gratuitement à condition qu’il ait conservé ses composants essentiels, moteur, carrosserie et pot catalytique lorsque le modèle en était équipé.
Le propriétaire qui préfère garder le véhicule pour en prélever des pièces doit déclarer son retrait de la circulation. L’abandon pur et simple sur un terrain ou sur la voie publique expose à une amende de 1 500 euros pour un particulier, portée bien au-delà dans les cas les plus lourds. Les critères qui font la valeur d’un tel véhicule sont détaillés dans le dossier consacré à la cession pour pièces.
Cession pour destruction : un autre document referme le dossier
Quand le véhicule part pour destruction, le certificat de destruction délivré par le centre agréé devient la pièce décisive. Il entraîne l’annulation de l’immatriculation et met fin à la responsabilité de l’ancien propriétaire, ce qu’aucun certificat de cession ne fait à lui seul. Le parcours complet, du certificat de situation administrative à la télédéclaration, est décrit dans le guide des démarches VHU, et le traitement industriel qui suit l’arrivée du véhicule dans le fonctionnement d’une casse automobile.
Véhicule endommagé, opposition, documents facultatifs

Deux situations sortent du cadre courant et méritent un mot, avant de revenir aux pièces qui ne figurent sur aucune liste officielle mais font la différence à la négociation.
Procédure VE et opposition au transfert
Un véhicule gravement accidenté relève de la procédure dite du véhicule endommagé. Les forces de l’ordre peuvent poser une opposition au transfert du certificat d’immatriculation lorsque l’état du véhicule présente un danger immédiat. Tant que la situation n’est pas régularisée, la vente est impossible. Un propriétaire qui refuse l’offre de rachat de son assureur dans le cadre de la procédure du véhicule économiquement irréparable ne conserve qu’une issue : la cession à un professionnel agréé pour la destruction. L’opposition apparaît sur le certificat de situation administrative, ce qui la rend visible avant toute promesse faite à un acheteur.
Ce qui n’est pas obligatoire mais fait vendre
Le rapport HistoVec partagé à l’acheteur récapitule l’historique connu de l’administration : changements de titulaire, contrôles techniques, sinistres déclarés. Rien n’oblige à le transmettre, et c’est précisément pour cela qu’un vendeur qui le fait spontanément gagne en crédibilité. Quatre pièces jouent le même rôle sans figurer dans aucun texte :
- le carnet d’entretien tamponné ;
- les factures des interventions lourdes ;
- le double des clés ;
- le code de l’autoradio d’origine.
Leur absence ne bloque aucune démarche, mais elle nourrit le doute et pèse sur le prix discuté au moment de discuter.
Prochaine étape concrète : demander le certificat de situation administrative sur HistoVec, vérifier la date du dernier contrôle technique, puis remplir le cerfa n° 15776*02 en gardant la case destruction en tête. Le reste se règle en quinze minutes le jour du rendez-vous, et la déclaration en ligne se fait dans la foulée, pas quinze jours plus tard.